Extrait du roman que j'avais commencé ...
Ma principale source de revenus du moment consistait à tenir la caisse d’une grande surface, ce qui m’humiliait terriblement. Je redoutais par-dessus tout de croiser le regard d’une de mes anciennes petites amies, ayant cru ouvertement à la possibilité d’un destin d’artiste.
N’assumant pas mon sort, je l’oubliais sur toutes personnes attirées par mes yeux verts. Particulièrement verts, je dois l’avouer! D’origine kabil, mes cils sont de surcroît longs et bien sombres, çà en jette! Non mais le top, je peux le dire puisque j’en suis aux présentations, c’est mon sourire : dents parfaites, petites, pointues et écartées juste ce qu’il faut entre les deux incisives, l’harmonie du renard ! Bon soit, je crâne. J’ai toujours eu du mal à me contenir, mais quoi, il faut bien s’amuser un peu non ? La dignité m’est inaccessible et écouter mon prochain provoque chez moi des crise d’agitations corporelles incontrôlables ! Palpitations, sueurs et tremblements.
Déjà petit à l’école, je ne tenais pas en place. Vous n’avez pas l’air sûrs…Je vous rassure, moi aussi, çà m’arrive de douter intensivement, j’y mets toute la conviction possible même ! Après, je me réveille avec les yeux pleins de croûtes. Si, si, je vous assure, c’est dégueulasse… Mais je suis ultrasensible, on ne se refait pas…
Cà y est, je vois que je commence à vous être sympathique, vous émettez enfin cette odeur très particulière de phéromones dont je me nourris à chaque page…Ne vous détendez tout de même pas trop où je vais déraper.
Bon, revenons au sujet de ma vie, ma biographie, semble t-il, un truc qui finira bien par ressembler à quelque chose…Bouts de citron…Particules vaporeuses... Enfin bref, j’expliquais que j’étais alors un jeune travailleur et pour survivre, je m’inscrivis à un cours de salsa du quartier, dans lequel je brillais, vous vous imaginez, par mon charisme naturel et la finesse de mon corps. Il faut reconnaître, (pendant que j’y suis), que ma peau est aussi délicieusement dorée, c’est magnifique !
Je ne vous parlerai pas de mes pieds, ce serait trop long, mais sachez au moins qu’ils sont célestes, c’est très rare de nos jours !
